En conclusion de son audience du 14 décembre 2011, sur la prière de Jésus liée à la prodigieuse oeuvre de guérison, le pape Benoit XVI nous dit :
" Un lien profond existe entre l’amour de Dieu et l’amour du prochain.
Comme Jésus, soyons attentifs aux personnes qui nous entourent,
surtout celles qui souffrent.
Apportons-leur la consolation
et l’espérance que nous trouvons en Dieu".
Un message pour nous vincentiens ?
Un texte à découvrir ici ou là
Message de Benoît XVI à 11 nouveaux ambassadeurs ROME, jeudi 15 décembre 2011 (ZENIT.org) –
« C’est en s’appuyant sur la notion de développement intégral de la personne humaine que la solidarité pourra advenir et permettre davantage de justice », déclare Benoît XVI à 11 nouveaux ambassadeurs près le Saint-Siège non-résidents à Rome qui lui ont présenté ce jeudi matin, 15 décembre, leurs lettres de créance. Il en appelle à la responsabilité de chacun pour humaniser la mondialisation (cf. "Documents" pour le texte intégral en français).
Ces 11 ambassadeurs représentent 4 pays d’Afrique (Burundi, Burkina-Faso, Guinée-Bissau, Mozambique), 4 pays d’Asie
(Pakistan, Thaïlande, Sri Lanka, Kirghizstan), 2 pays d’Europe (Suisse, Principauté d’Andorre), et un État caribéen situé dans la mer des Antilles, au large du Venezuela, membre du Commonwealth :
Trinité-et-Tobago.
« C'est un véritable plaidoyer pour œuvrer ensemble à plus de solidarité que le Pape a adressé à ces diplomates et leur pays, afin de donner un nouveau visage à la mondialisation », commente
Radio Vatican.
Le pape lie ce progrès à la dimension spirituelle : « C'est en s'appuyant sur la notion de développement intégral de la personne humaine que la solidarité pourra advenir et permettre davantage de
justice. Il revient non seulement aux religions de mettre en honneur la primauté de l'esprit, mais aussi aux Etats de le faire, notamment à travers une politique culturelle qui favorise l'accès
de quiconque aux biens de l'esprit, valorise la richesse du lien social et ne décourage jamais l'homme de poursuivre librement sa quête spirituelle ».
Le pape est parti de la constatation de « l'unité de la famille humaine », « aujourd'hui vécue comme un fait », et de sa perception parfois négative : « Cette prise de conscience est parfois
perçue comme un fardeau car elle élargit considérablement le domaine de responsabilité de chacun, et confère à la résolution des problèmes une complexité d'autant plus grande que les acteurs sont
plus nombreux ». mais Benoît XVI invite à « découvrir dans cette interdépendance non pas une menace, mais un avantage ».
Et une responsabilité : « Nous sommes tous responsables de tous, et il est important d'avoir une conception positive de la solidarité. Elle est le levier concret du développement humain intégral
», et notamment de la « solidarité intergénérationnelle ».
D’où l’importance de la famille, dans laquelle cette solidarité « s’enracine » : il faut donc soutenir la famille « pour qu'elle continue de remplir sa mission essentielle dans la société ».
Et dans le même dessein, le pape recommande un effort dans le domaine de « l'éducation des jeunes » comme la « voie privilégiée » pour promouvoir la solidarité. Le pape recommande donc aux
autorités publiques d’offrir à la jeunesse les bases éthiques pour « lutter contre les maux sociaux que sont le chômage, la drogue, la criminalité et le non-respect de la personne ». En effet,
souligne le pape, l'avenir des jeunes implique « une avancée significative dans la perception de l'unité du genre humain ».
Unité ne signifie pas uniformité : le pape affirme au contraire que « le pluralisme des cultures et des religions ne s'oppose pas à la recherche commune du vrai, du bien et du beau ».
Et pour cela aussi le pape plaide pour la rationalité : « Eclairée et soutenue par la lumière de la Révélation, l'Eglise encourage les hommes à faire confiance à la raison ».
Parmi les biens universels dont le monde a besoin, le pape cite « la paix et l'harmonie sociale et religieuse », et donc « un cadre législatif juste et adapté », mais aussi « la qualité morale de
chaque citoyen, car la solidarité se présente sous deux aspects complémentaires, celui de principe social et celui de vertu morale ».
Benoît XVI rappelle les deux principes clef de l’enseignement social de l’Eglise que sont la subsidiarité et le bien commun : « La solidarité remplit pleinement son rôle de vertu sociale
lorsqu'elle peut s'appuyer à la fois sur des structures de subsidiarité et sur la détermination persévérante de chaque personne à travailler pour le bien commun ».
Pour faire face aux défis actuels, le pape lance un appel à la « mobilisation des intelligences » et à la « créativité de l'homme pour lutter contre la pauvreté et pour une plus efficace et plus
saine utilisation des énergies et des ressources disponibles ».
Parmi ces 11 nouveaux ambassadeurs près le Saint-Siège, deux femmes : Mme Mme Margaret A. King-Rousseau (Trinité et Tobago) et Mme Tamara Kunanayakam (Sri Lanka).
Les 9 autres ambassadeurs non résidents à Rome sont : M. Hília Garez Gomes Lima Barber (Guinée Bissau), M. Paul Widmer (Suisse), M. Anatole Bacanamwo (Burundi), M. Arbhorn Manasvanich
(Thaïlande), M. Muhammad Saleem (Pakistan), M. Amadeu P.S. da Conceição (Mozambique), M. Tolendy Makeyev (Kirghizistan), M. Jaume Serra Serra (Andorre) et M. Joseph Paré (Burkina Faso).
Voici la table des origines de Jésus Christ, fils de David, fils d'Abraham : Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob,
Jacob engendra Juda et ses frères, Juda, de son union avec Thamar, engendra Pharès et Zara, Pharès engendra Esrom, Esrom engendra Aram, Aram engendra Aminadab, Aminadab engendra Naassone,
Naassone engendra Salmone, Salmone, de son union avec Rahab, engendra Booz, Booz, de son union avec Ruth, engendra Jobed, Jobed engendra Jessé, Jessé engendra le roi David.
David, de son union avec la femme d'Ourias, engendra Salomon, Salomon engendra Roboam, Roboam engendra Abia, Abia engendra Asa, Asa engendra Josaphat, Josaphat engendra Joram, Joram engendra
Ozias, Ozias engendra Joatham, Joatham engendra Acaz, Acaz engendra Ézékias, Ézékias engendra Manassé, Manassé engendra Amone, Amone engendra Josias, Josias engendra Jékonias et ses frères à
l'époque de l'exil à Babylone.
Après l'exil à Babylone, Jékonias engendra Salathiel, Salathiel engendra Zorobabel, Zorobabel engendra Abioud, Abioud engendra Éliakim, Éliakim engendra Azor, Azor engendra Sadok, Sadok engendra
Akim, Akim engendra Élioud, Élioud engendra Éléazar, Éléazar engendra Mattane, Mattane engendra Jacob, Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l'on appelle
Christ (ou Messie).
Le nombre total des générations est donc : quatorze d'Abraham jusqu'à David, quatorze de David jusqu'à l'exil à Babylone, quatorze de l'exil à Babylone jusqu'au Christ.
Mt 1, 1-17
Homélie :
La liste généalogique ascendante qui constitue les « Annales des ancêtres » du Christ est subdivisée en trois périodes,
comprenant chacune 14 générations : d’Abraham au roi David, de David à la déportation à Babylone, de la déportation à Babylone au Christ.
Jésus est ainsi enraciné dans la lignée des pères : le titre « Fils d’Abraham » le rattache au peuple élu ; « Fils de David » l’inscrit dans la lignée de David, d’où sortirait le Messie. Mais son
nom propre est « Jésus-Christ », c'est-à-dire Jésus le Messie ; lui seul peut porter ce nom en vérité.
Si nous portons notre attention sur chacune des périodes évoquées, nous remarquons que les deux premières sont centrées sur des personnages connus, issus d’Abraham et de David ; par contre il
n’en est plus de même pour la troisième, celle qui suit la déportation à Babylone. Seuls les trois premiers ancêtres sont encore bibliques. Après Zorobabel, on n’identifie plus très bien à quels
personnages Matthieu fait allusion. A force de compromissions et de trahisons, le peuple a perdu sa prestance royale. Le Sauveur apparaît dans une lignée obscure d’inconnus, en qui tout homme
pourra se reconnaître. A travers cette généalogie juive qui s’enlise dans l’anonymat, c’est l’humanité déchue tout entière qui s’annonce en filigrane.
Seuls les pères sont mentionnés dans cette genèse. Le verbe « engendrer » martèle toute la péricope, verset après verset, liant les pères aux fils de génération en génération. Et puis,
brutalement, la longue énumération marque une rupture : elle s’arrête à Joseph qui n’est plus le sujet du fameux verbe « engendrer ». Par contre il est précisé du fils de Jacob qu’il est «
l’époux de Marie », alors que nous ignorons tout des épouses de tous ces autres fiers géniteurs. L’homme, dont les listes généalogiques exaltaient la paternité, s’efface brusquement devant
l’irruption inattendue d’une femme qui est mère tout en demeurant vierge.
La transmission du sang s’interrompt ; seul le mariage garantit la continuité entre Joseph et celui qui est fils de Marie selon la chair : « Joseph, l'époux de Marie, de laquelle naquit Jésus,
que l'on appelle Christ ». L’enfant qui naît de la souche de David est héritier par alliance et non par le sang. Il est remarquable que dans ce verset, Matthieu n’utilise pas le verbe « enfanter
» normalement réservé à la femme, mais maintient le terme « engendrer », qui renvoie à la fonction paternelle. Cet enfant a donc un père, comme tous les enfants, mais qui peut-il bien être
puisque Joseph n’engendre pas ? La réponse nous vient de la tournure passive - « de laquelle fut engendré Jésus » - succédant aux trente-neuf formes actives du même verbe ; selon un procédé
littéraire courant dans le judaïsme, cette tournure verbale qui dispense de nommer le sujet, suggère l’intervention de celui dont le Nom est ineffable. L’action invisible de Dieu se manifeste
dans ses effets : Jésus « est engendré ». Engendrement spirituel comme il convient à son Auteur, mais qui s’inscrit par le ministère de Joseph, dans la lignée charnelle dont il est le dernier
représentant.
A l’approche de la nativité, il est bon de nous souvenir qu’après avoir été conçus selon la chair dans l’étreinte de nos parents, nous avons nous aussi été engendrés à la vie divine par l’action
de l’Esprit, qui nous a rendus participants de la filiation de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ.
Père Joseph-Marie
Tu as aimé, Seigneur, cette terre,
tu as fait revenir les déportés de Jacob ;
tu as ôté le péché de ton peuple,
tu as couvert toute sa faute ;
tu as mis fin à toutes tes colères,
tu es revenu de ta grande fureur.
Fais-nous revenir, Dieu, notre salut,
oublie ton ressentiment contre nous.
Seras-tu toujours irrité contre nous,
maintiendras-tu ta colère d’âge en âge ?
N’est-ce pas toi qui reviendras nous faire vivre
et qui seras la joie de ton peuple ?
Fais-nous voir, Seigneur, ton amour,
et donne-nous ton salut.
J’écoute : que dira le Seigneur Dieu ? +
Ce qu’il dit, c’est la paix
pour son peuple et ses fidèles ;*
qu’ils ne reviennent jamais à leur folie !
Son salut est proche de ceux qui le craignent
et la gloire habitera notre terre.
Amour et vérité se rencontrent,
justice et paix s’embrassent ;
la vérité germera de la terre
et du ciel se penchera la justice.
Le Seigneur donnera ses bienfaits,
et notre terre donnera son fruit.
La justice marchera devant lui,
et ses pas traceront le chemin.
Catéchèse de Benoît XVI sur la prière de Jésus ROME, mercredi 14 décembre 2011 (ZENIT.org)
« Cela me semble très important : avant que le don soit accordé, adhérer à celui qui donne ; celui qui donne est plus
précieux que le don », explique Benoît XVI à propos de la prière de Jésus : le cadeau le plus grand fait par Dieu aux hommes c’est « son amitié, sa présence, son amour ».
Le pape Benoît XVI a en effet tenu l’audience générale ce mercredi matin, 14 décembre, à 10 h 30, en la salle Paul VI du Vatican en présence de milliers de visiteurs d’Italie et du monde
entier.
Le pape a poursuivi sa catéchèse sur la prière de Jésus, dans le cadre de son « école de prière », - comme on pourrait appeler cette série de catéchèses -, en commentant la guérison du sourd-muet
(Marc 7, 32-37) et la résurrection de Lazare (Jean 11 , 1-44).
« Au-delà de ce que Dieu nous donne lorsque nous l’invoquons, le don le plus grand qu’il puisse nous donner est son amitié, sa présence, son amour. C’est lui le trésor précieux à demander et à
toujours préserver », explique le pape.
A propos de la résurrection de Lazare, le pape ajoute : « Chacun de nous est appelé à comprendre que, dans la prière de demande au Seigneur, nous ne devons pas nous attendre à un accomplissement
immédiat de ce que nous demandons, de notre volonté, mais nous confier plutôt à la volonté du Père en lisant chaque événement dans la perspective de sa gloire, de son dessein d’amour, souvent
mystérieux à nos yeux. »
Benoît XVI répond ainsi aux questions sur la prière « non-exaucée » : « C’est pourquoi, dans notre prière, demande, louange et remerciement devraient se fondre, même lorsqu’il nous semble que
Dieu ne réponde pas à nos attentes concrètes. S’abandonner à l’amour de Dieu qui nous précède et nous accompagne toujours est une des attitudes de fond de notre dialogue avec Lui. »
Pour Benoît XVI, le cœur de l’enseignement de cet épisode sur la prière, c’est la confiance dans la bonté de Dieu: « Par sa prière, Jésus veut conduire à la foi, à la confiance totale en Dieu, et
dans sa volonté, et il veut montrer que ce Dieu qui a tellement aimé l’homme et le monde qu’il a envoyé son Fils unique, est le Dieu de la vie, le Dieu qui apporte l’espérance et qui est capable
de renverser les situations humainement impossibles. La prière confiante d’un croyant est alors un témoignage vivant de cette présence de Dieu dans le monde, de son intérêt pour l’homme, de son
action pour réaliser son dessein de salut. »
Et cette bonté de Dieu appelle la bonté de l’homme, ajoute le pape : « Les deux prières de Jésus à peine méditées, qui accompagnent la guérison du sourd-muet et la résurrection de Lazare,
révèlent que le lien profond entre l’amour de Dieu et l’amour du prochain doit aussi entrer dans notre prière. »
« Notre prière, a conclu le pape, ouvre la porte à Dieu, qui nous enseigne à sortir constamment de nous-mêmes pour être capables de nous rendre proches les uns des autres, spécialement dans les
moments d’épreuve, pour leur apporter consolation, espérance et lumière. »
Anita S. Bourdin
Comme Jésus a appris à Marie à être une mère, les plus pauvres des pauvres nous apprennent à être des porteurs de l'amour de
Dieu. Nous ne pouvons pas apprendre cela dans des livres, mais plutôt en étant avec eux, à la fois physiquement et en esprit, et en les touchant avec nos cœurs et nos mains. Leurs souffrances et
leurs nombreuses détresses nous extraient de notre égocentrisme et de nos propres préoccupations. Ce que Marie a fait pour l'enfant Jésus, nous voulons le faire pour Lui dans les pauvres. Nous
les touchons avec nos mains, nous pansons leurs plaies, et nous faisons en sorte qu'ils se sentent bien.
Nous leur sommes reconnaissants qu'ils nous acceptent nous et nos fragilités. Si nous ne sommes pas capables d'œuvrer de nos mains, nous les touchons de nos cœurs par notre présence et notre
écoute bienveillante. Que nous les acceptions et soyons patients envers eux leur fait beaucoup de bien et leur rend tangible l'amour de Dieu.
C’est le thème du Message de Benoît XVI pour la célébration de la 45e Journée Mondiale de la Paix, le 1er janvier 2012.
Ce message sera présenté au Vatican vendredi prochain, 16 décembre.
A lire ici
Les disciples interrogèrent Jésus : « Pourquoi donc les scribes disent-ils que le prophète Élie doit venir d'abord ? » Jésus
leur répondit : « Élie va venir pour remettre tout en place. Mais, je vous le déclare : Élie est déjà venu ; au lieu de le reconnaître, ils lui ont fait tout ce qu'ils ont voulu. Le Fils de
l'homme, lui aussi, va souffrir par eux. »
Alors les disciples comprirent qu'il leur parlait de Jean le Baptiste.
Mt 17,10-13
Élie est déjà venu
Lorsque les Juifs, au temps de Jésus, évoquaient la venue du Messie et cherchaient à en repérer les signes, un texte de Malachie leur venait immédiatement à la mémoire :
"Voici que j'envoie mon prophète Élie, dit le Seigneur,
avant que ne vienne le Jour [..] du Seigneur.
Et il retournera le cœur des pères vers le cœur des fils,
Et le cœur des fils vers le cœur des pères". (Mal 4,5)
Et les adversaires de Jésus tiraient argument d'un texte comme celui-là pour contester sa messianité : puisque Élie n'est pas encore revenu, ce Jésus ne peut se prétendre le Messie d'Israël ! Dans le dessein de Dieu, Élie doit venir d'abord , pour mettre tout en ordre en Israël afin que la venue du Messie se réalise dans l'allégresse d'un peuple purifié !
La réponse de Jésus est étrange :"Je vous dis qu'Élie est déjà venu", et cette affirmation de Jésus a de quoi inquiéter les scribes; Si Élie est déjà venu, alors la grande mise en ordre a déjà eu lieu ; comment se fait-il, alors, qu'ils ne l'aient pas repérée, eux, les guides d'Israël ? Comment se fait-il que ce passage d'Élie n'ait pas été plus marquant ? Autre conclusion, plus grave encore aux yeux des scribes : si Élie est venu, c'est donc que le Messie va venir, ou qu'il est déjà présent au sein de son peuple …, mais alors Jésus pourrait avoir raison !
Et de fait, quelqu'un, en plein pays d'Israël, est venu accomplir la mission d'Élie, celui dont l'Ange avait dit à Zacharie, son père :"Il marchera devant le Seigneur avec l'esprit et la puissance d'Élie, pour préparer au Seigneur un peuple bien disposé" (Lc 1,17). C'est celui qui a prêché, dans le désert, la conversion et le retour à Dieu, celui qui a voulu aplanir la route pour le Seigneur, qui a annoncé la fin des temps, et un "plus fort" qui allait venir après lui.
Jean le Baptiste a fait l'œuvre d'Élie , mais ses frères juifs ne l'ont pas reconnu "et ils lui ont fait tout ce qu'ils ont voulu". Certes c'est Hérode qui l'a fait mettre à mort, mais en réalité, beaucoup l'ont rejeté : tous ceux qui n'ont pas répondu à son appel. Ainsi, en une phrase, Jésus dévoile le rôle de Jean-Baptiste dans le plan du salut ; jusque dans sa mort il a préparé la voie au Messie, en effet, Jésus ajoute :"De même le Fils de l'homme aura à souffrir par eux." Pour le Baptiste et Jésus, ce sera la même incompréhension, la même haine et l'élimination brutale.
Le drame, pour les guides c'est de n'avoir pas su reconnaître les signes du temps, les signes que Dieu faisait à son peuple dans l'histoire. Et c'est bien cette tentation qui nous guette.
Nous n'avons pas à attendre la première venue du Messie, car nous savons qu'il est mort une fois pour toutes et ressuscité une fois pour toutes ; mais nous avons à reconnaître les signes de sa présence. Or souvent l'impression nous vient que Jésus est absent ou pas encore présent, dans l'histoire du monde qui va cahotant , dans l'histoire de nos communautés, qui parfois perdent pied ou perdent cœur, en s'imaginant que les épreuves vont dépasser leurs forces, c'est-à-dire la force de Jésus, dans l'histoire personnelle, qui voit souvent notre amour s'affadir. Nous reprochons presque à Jésus de nous avoir donné ce que nous sommes venus chercher, la solitude avec le Christ pou le salut du monde, la croix de la prière et d'une mission universelle.
"Seigneur, si tu avais été là …". C'est la plainte de Marthe, puis celle de Marie. Si tu avais été là, tout se serait passé autrement. En fait Jésus est là, et son Esprit nous prépare chaque jour à l'accueillir. L'Esprit, autour de nous, en nous, veut faire toutes choses nouvelles ; comme un ferment déjà là, déjà venu, déjà agissant, il transforme le monde, il recrée les cœurs, il modèle le visage des communautés. L'Esprit est là, qui à la fois, achève en nous le mûrissement de la parole de Dieu et nous prépare à toute la nouveauté de Jésus, à tout l'inattendu de la volonté du Père.
Mais de même que les contemporains du Baptiste n'ont pas su nommer Élie le précurseur dans l'immense mouvement de conversion qui leur était proposé, de même nous ne savons pas nommer l'Esprit continuateur de l'œuvre de Jésus dans l'effort de rajeunissement auquel l'Église est contrainte, dans la nouvelle insécurité de la vie religieuse, dans l'exigence de charité héroïque qui s'inscrit dans la grisaille de nos journées.
Jésus est venu dans notre chair : il n'a plus besoin de précurseur ; mais il nous demande d'accueillir le Paraclet, celui qui vient en nous achever son œuvre, celui qui nous mène vers la vérité tout entière.
Père Jean
La foi à l'Immaculée Conception est immémoriale dans l'Église ; toutefois la proclamation officielle, définitive et infaillible de ce dogme ne date que du 8 décembre 1854, époque où le pape Pie IX, dans une solennité incomparable, imposa cette croyance à tous les fidèles. Une immense acclamation de joie fit écho dans tout l'univers à la parole du Pontife, et le Ciel lui-même donna son témoignage quatre ans plus tard. L'apparition de Lourdes eut lieu au commencement de l'année 1858; Marie venait dire au monde : « Je suis l'Immaculée Conception ! »
Ce privilège accordé à la Sainte Vierge avait été prédit et figuré dès l'origine du monde. Par son Immaculée Conception, Marie devait écraser la tête du serpent qui a introduit le péché originel sur la terre. Par son Immaculée Conception, elle est le lis parmi les épines. Par son Immaculée Conception, elle est la Toison de Gédéon, tour à tour demeurant seule sèche au milieu de la terre couverte de rosée, ou seule humectée de rosée au milieu de la terre demeurée sèche...
Comment pourrait-on raisonnablement supposer Marie un instant souillée du péché originel ? La Mère de Dieu devait être une demeure toute pure, un tabernacle sans tache pour le Fils de Dieu. Si la gloire des parents rejaillit sur leurs enfants, il en est ainsi de leur déshonneur ; la tache originelle, en Marie, rejaillirait donc sur Jésus-Christ Lui-même, ce qu'on ne peut admettre sans faire injure à la sagesse de Dieu. Non, Satan n'eût jamais pu dire au Sauveur : « Toi qui prétends vaincre ma puissance, souviens-toi que j'ai régné sur Ta Mère. »
L'Immaculée Conception est digne de Dieu, digne de Jésus-Christ, digne de Marie. Cette grâce insigne établit déjà Marie, dès le commencement de son existence, dans un ordre à part. L'homme qui naît souillé du péché originel est sujet à la concupiscence ; Marie doit être exempte de tout penchant au mal ; ses sens aussi bien que sa volonté tendent parfaitement à Dieu ; en elle, nulle faute, même involontaire ; si Jésus est impeccable par nature, Marie est impeccable par grâce ; en Marie enfin, nulle imperfection : « Vous êtes toute belle, est-il écrit, et il n'y a point de tache en vous. » O vérité consolante pour nous ! Si Marie n'a jamais subi en aucune manière les atteintes du démon, comme à notre prière, elle saura nous rendre forts contre lui ! Si elle n'a jamais connu l'ombre du péché, comme elle sera puissante pour nous en préserver ou nous en délivrer ! Gloire à Dieu dans l'Immaculée Conception de Marie !

« Prier est un art qui s’apprend », explique Benoît XVI, et cet art demande de la «
constance » pour construire une relation d’amitié avec le Christ, une relation filiale avec Dieu le Père.
Le pape a en effet entamé ce mercredi 30 novembre, en la salle Paul VI du Vatican, une nouvelle série de catéchèses sur la prière de Jésus, dans le cadre de ce que l’on peut appeler son « Ecole
de prière » hebdomadaire.
Benoît XVI a invité spécialement à la prière à partir de la Bible en disant : « Dans l’exhortation apostolique Verbum Domini, j’ai parlé de l’importance de la lecture en prière de la Sainte Ecriture. En recueillant ce qui était apparu au cours de l’assemblée du synode des évêques, j’ai mis un accent particulier sur la forme spécifique de la lectio divina. Ecouter, méditer, observer le silence devant le Seigneur qui parle est un art, qui s’apprend en le pratiquant avec constance. »
Benoît XVI a insisté sur les deux dimensions de la prière : c’est un don de Dieu et c’est
un talent confié à la liberté du baptisé pour qu’il le fasse fructifier. « La prière est assurément un don, qui demande toutefois d’être accueilli; c’est l’œuvre de Dieu, mais
elle exige engagement et continuité de notre part; surtout, la continuité et la constance sont importantes », a expliqué le pape.
Le pape a fait entrevoir les fruits de la prière pour celui qui prie et pour les autres : « Dans l’amitié profonde avec Jésus et en vivant en Lui et avec Lui la relation filiale avec le Père, à
travers notre prière fidèle et constante, nous pouvons ouvrir des fenêtres vers le Ciel de Dieu. C’est même en parcourant la voie de la prière, sans considération humaine, que nous pouvons aider
les autres à la parcourir: pour la prière chrétienne aussi il est vrai que c’est en cheminant que s’ouvrent des chemins. »
« Chers frères et sœurs, a exhorté le pape, éduquons-nous à une relation intense avec Dieu, à une prière qui ne soit pas
occasionnelle, mais constante, pleine de confiance, capable d’éclairer notre vie, comme nous l’enseigne Jésus. Et demandons-Lui de pouvoir communiquer aux personnes qui nous sont proches, à ceux
que nous rencontrons sur notre route, la joie de la rencontre avec le Seigneur, lumière pour notre existence. »
« Chers frères et sœurs, après quelques exemples de prière dans l’Ancien Testament, nous allons regarder ce que fut celle de Jésus », a annoncé le pape en français.
Benoît XVI a insisté sur la relation constante de Jésus à son Père du Ciel : « Les Evangiles, a-t-il expliqué, montrent
qu’elle a traversé toute sa vie, en l’irriguant secrètement jusqu’au don total de lui-même. Dans la prière, Jésus vit un contact ininterrompu avec son Père afin de réaliser son projet d’amour
pour l’humanité. »
Cette prière est à la fois ancrée dans la tradition juive et dans son être de « Fils », a fait remarquer le pape : « N’oublions pas qu’il a grandi dans une famille profondément liée à la
tradition religieuse du peuple d’Israël ! La réponse qu’il fait à Marie et à Joseph qui le découvrent dans le Temple au milieu des docteurs indique déjà sa filiation divine. »
C’est la manifestation du Père au baptême qui atteste de cette relation qui est source de sa mission : « Dans le récit évangélique, les contextes de la prière de Jésus se situent toujours au
croisement entre l’enracinement dans la tradition de son peuple et la nouveauté d’une relation personnelle unique avec Dieu ».
Ainsi, explique le pape, « après avoir reçu le baptême de Jean au Jourdain, Jésus «se tenait en prière», nous dit l’évangéliste Luc. Cette attitude éclaire ce qu’il vient de faire et lui donne un
sceau particulier. Il manifeste sa solidarité avec son peuple et il l’invite à vivre d’une façon nouvelle, selon Dieu. Il passe ainsi de la vie cachée à son ministère public en demeurant uni à
son Père ».
Le pape évoque aussi tous les moments où l’Evangile rapporte que Jésus s’éloigne pour prier : « Sa prière dans la solitude du désert ou de la nuit lui permet d’être pleinement fidèle à la volonté
divine. » Il précise : « La prière de Jésus touche toutes les phases de son ministère et toutes ses journées. »
Et de conclure par cette interrogation sur la prière comme responsabilité du baptisé : « Et nous, chers amis, comment prions-nous ? En prenons-nous le temps ? Prier est un art qui
s’apprend. Pratiquons-le avec constance et confiance, comme nous l’enseigne Jésus. »
ROME, Vendredi 2 décembre 2011 (ZENIT.org).
« Il devient urgent d’agir pour l’humanité », déclare Mgr Tomasi devant les représentants de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. « Aucun principe, a-t-il rappelé, n’autorise à infliger sur un peuple des actions répressives ou des traitements inhumains ». Il appelle à la "formation des consciences" et même à un "réveil" de la consceince publique.
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EXHORTATION APOSTOLIQUE
FAMILIARIS CONSORTIO
DE SA SAINTETE
LE PAPE JEAN-PAUL II
Dans le dessein du Dieu Créateur et Rédempteur, la famille découvre non seulement son «identité», ce qu'elle «est», mais aussi sa «mission», ce qu'elle peut et doit «faire». Les devoirs que la famille est appelée par Dieu à remplir dans l'histoire ont leur source dans son être propre et sont l'expression de son développement dynamique et existentiel. Chaque famille découvre et trouve en elle-même cet appel pressant, qui en même temps la définit dans sa dignité et sa responsabilité : famille, «deviens» ce que tu «es» !
Remonter à l'«origine» du geste créateur de Dieu devient alors une nécessité pour la famille si elle veut se connaître et se réaliser selon la vérité profonde non seulement de son être mais aussi au niveau de son action dans l'histoire. Et comme, selon le dessein de Dieu, elle est constituée en tant que «communauté profonde de vie et d'amour», la famille a la mission de devenir toujours davantage ce qu'elle est, c'est-à-dire communauté de vie et d'amour dans une tension qui trouvera son achèvement - comme toute réalité créée et sauvée - dans le Royaume de Dieu. Dans une perspective qui rejoint les racines mêmes de la réalité, il faut dire que, en définitive, l'essence de la famille et ses devoirs sont définis par l'amour. C'est pourquoi la famille reçoit la mission de garder, de révéler et de communiquer l'amour, reflet vivant et participation réelle de l’amour de Dieu pour l'humanité et de l'amour du Christ Seigneur pour l'Eglise son Epouse.
Tout devoir particulier de la famille est expression de la réalisation concrète de cette mission fondamentale. Il est donc nécessaire de pénétrer plus profondément la singulière richesse de la mission de la famille et d'en faire ressortir les éléments à la fois multiples et un.
Dans cette optique, en partant de l'amour et en s'y référant sans cesse, le récent Synode a mis en lumière quatre devoirs
principaux de la famille :
1) la formation d'une communauté de personnes ;
2) le service de la vie ;
3) la participation au développement de la société ;
4) la participation à la vie et à la mission de l'Eglise.
ROME, jeudi 1er décembre 2011 (ZENIT.org) –
La nouvelle évangélisation passe par la famille, déclare en substance Benoît XVI qui a reçu ce jeudi 1er décembre au Vatican les membres de l’assemblée plénière du Conseil pontifical pour la famille.
L’assemblée plénière de ce dicastère a en effet eu lieu cette semaine au Vatican (mardi 29 novembre-jeudi 1er décembre 2011) sur le thème du XXXe anniversaire de « Familiaris consortio », l’exhortation apostolique de Jean-Paul II, mais aussi XXXe de la fondation de ce dicastère dédié à la famille, le 13 mai 1981, le jour même de l’attentat d’Ali Agça.
La nouvelle évangélisation dépend en grande partie, a expliqué Benoît XVI, de « l’Eglise domestique » qu’est la famille chrétienne, fondée sur le sacrement du mariage, « communauté sauvée mais aussi salvatrice, évangélisée et évangélisatrice, la meilleure alliée du ministère sacerdotal ».
C’est pourquoi le pape invite les époux chrétiens à « évangéliser par leur témoignage de vie et à travers la participation à
des activités pastorales ».
Benoît XVI retient que la famille est le « lieu privilégié » de l’éducation des enfants « à l’amour et à la charité ». C’est pourquoi le pape déplore les « idéologies contraires à la famille » et
la régression de « l’éthique sexuelle ». Le pape diagnostique dans cette crise de la famille et de la sexualité humaine une conséquence de « l’éclipse de Dieu ».
Le pape a rendez-vous avec les familles du monde à Milan en 2012 (30 mai – 3 juin). Il a demande que cet événement soit « préparé soigneusement » et il invite les familles du diocèse à l’accueil
des familles du monde qui participeront à ce VIe rassemblement des familles avec le pape.
Lors de la présentation de son assemblée plénière, le Conseil pontifical a en effet donné la parole, la semaine passée, à un jeune couple qui prépare activement l’événement – qui a pour thème : «
La famille, le travail et la fête » - avec le réseau de la pastorale de la Famille du diocèse de Milan (cf. Zenit du 25 novembre 2011). Benoît XVI présidera la messe de conclusion le 3
juin.
Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant la Bonne Nouvelle du
Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité. Voyant les foules, il eut pitié d'elles parce qu'elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses
disciples : « La moisson est abondante, et les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson. »
Alors Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d'expulser les esprits mauvais et de guérir toute maladie et toute infirmité. Il leur dit : « Allez vers les brebis perdues de la
maison d'Israël. Sur votre route, proclamez que le Royaume des cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. Vous avez reçu
gratuitement : donnez gratuitement. »
Mt 9, 35-38 ; 10, 1.6-8
"Priez le Maître de la moisson"
Lassitude, découragement, isolement grandissant : voilà bien ce que vivent beaucoup de chrétiens à notre époque. Les repères
familiers ont disparu, les activités communes qui rassemblaient le peuple de Dieu ont cessé pour la plupart, les possibilités de ressourcement spirituel se font de plus en plus rares, une
certaine aisance des rapports fraternels s'éloigne, chassée par les soucis du coude à coude quotidien ; et chacun va devant soi, gardant au cœur sa foi au Christ et son espérance, mais prenant
son bien où il peut, réagissant selon ses possibilités aux tentations de l'égoïsme et de la jouissance, s'orientant de son mieux sans pouvoir trouver de guide.
Le troupeau du Seigneur est inquiet ; chaque chrétien souffre de faire face à son destin dans une relative solitude, et de ne plus retrouver les fortes solidarités d'autrefois. Et c'est au milieu
de ces inquiétudes ou de ce désarroi que le Christ nous rejoint aujourd'hui, nous qui sommes sa communauté, selon les promesses qu'il nous a faites par la voix d'Isaïe : "Le Seigneur se penchera
vers toi ... dès qu'il t'aura entendu, il te répondra... Celui qui t'instruit ne se dérobera plus, et tes yeux le verront !"
Que vient-il nous dire ? Tout d'abord qu'il nous comprend et qu'il a pitié de nous, de cette pitié forte qui recrée et qui
sauve :"Voyant les foules, Jésus eut pitié d'elles".. Mais le Christ ne se contente pas de nous assurer de sa présence, il nous force à relever la tête, à regarder au-delà de nos misères,
personnelles, familiales ou communautaires, il nous demande d'ouvrir les yeux : la moisson est immense. De la Sibérie à la Terre de Feu des centaines de millions d'hommes et de femmes attendent
un message d'espérance pour le présent et pour l'au-delà de la mort, et ce message, c'est nous qui l'avons reçu, c'est nous qui en sommes porteurs et responsables.
La moisson est disproportionnée à nos forces, c'est clair ; et évidemment le Seigneur ne nous demande pas d'être présents partout à la fois. Mais il nous demande d'être vraiment présents là où
nous sommes, là où il nous a placés pour que nous portions du fruit. Là où nous sommes, il s'agit de vivre la solidarité du peuple de Dieu et la mission. Là où nous sommes, il s'agit de
moissonner, sans attendre que les orages fassent pourrir la moisson sur pied.
Notez bien que Dieu demande seulement des moissonneurs. C'est lui-même qui a fait les semailles dans le cœur des hommes ; c'est lui qui peut faire grandir chez un homme l'espérance du
salut et de la vraie liberté ; c'est lui seul qui sauve le monde. Ce qui nous est demandé, c'est de rentrer de bonne grâce dans le travail de Dieu, et de le prendre tellement à cœur que nous
soyons toujours à réclamer de l'aide, de nouveaux bras, de nouveaux cœurs de missionnaires.
Dans cette immense entreprise, qui couvre tous les pays et tous les siècles, Dieu est à la fois le maître d'œuvre et le chef du personnel, et c'est par lui qu'il faut passer nécessairement
:"Priez le Maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson !"
Quand nous prions ainsi le Maître de la moisson, nous lui demandons surtout des ouvriers/ères à plein temps, des hommes et des femmes dont la tâche principale sera de rassembler le peuple de
Dieu, mais aussi de réveiller en nous tous les vrais réflexes de la foi et le souci de la moisson, de nous rendre ce cœur ouvert et généreux qui a été le nôtre aux plus belles années, de susciter
en nous la joie et l'espérance des moissonneurs. Car Dieu veut faire de nous non pas un troupeau anonyme, mais un peuple vivant, à la fois libre et organisé pour l'action, à la fois spontané,
structuré et efficace. Jésus, de son vivant sur terre, y a pourvu pour l'essentiel en appelant auprès de lui douze responsables, dont la tâche est poursuivie maintenant par l'ensemble des évêques
des cinq parties du monde, et par des dizaines de milliers de prêtres, confrontés à une tâche de plus en plus difficile et de plus en plus passionnante.
Les premiers apôtres étaient des hommes bien différents les uns des autres, mais Jésus n'avait pas peur de la diversité. Il y avait Simon, chef d'une petite pêcherie sur le lac ; Matthieu,
collecteur d'impôts, compromis malgré lui avec le pouvoir des occupants ; Judas, bon économe, mais près de ses sous ; Simon le Zélote, c'est-à-dire le résistant, l'homme des commandos anti
romains. Une seule chose les réunissait, une chose essentielle, ils avaient tout quitté pour suivre Jésus. Et c'est à ces hommes-là, ni pires ni meilleurs que nous, que Jésus a confié sa mission;
Dans un premier temps, il leur a demandé de ne pas dépasser les frontières d'Israël, pour faire leurs premières expériences dans un monde qu'ils connaissaient bien. Mais quand ils eurent reçu
l'Esprit Saint à la Pentecôte, leur mission ne connaîtra plus de frontières, et leur mission, c'est la nôtre :
- comme eux, nous sommes entrés dans le secret du plan de Dieu,
- comme eux nous savons que le Règne de Dieu est là, force de salut pour le monde,
- comme eux nous avons reçu gratuitement.
Sans compter ce que nous donnons, sans mesurer ce qui nous en revient, heureux, tout simplement, de répondre à l'appel et joyeux de servir un tel Maître, sommes-nous prêts à donner maintenant, aussi gratuitement que nous avons reçu ?
Père Jean
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