Retrouver le chemin de la fraternité

"Après l’élan d’humanité d’ampleur mondiale qui a suivi le drame du 7 janvier il nous faut résister à deux tentations : le repli sur soi et le déni de réalité.

Le repli sur soi, guidé par la peur de l’autre, celle-là même qui mène à la violence que 4 millions de personnes sont venus dénoncer ; le déni de réalité, attitude coupable qui détourne de l‘action au moment où notre pays est blessé. Pour éviter ces écueils on peut compter sur le réservoir de fraternité dans lequel ont puisé les Français ce 11 janvier, étonnés eux-mêmes par son ampleur. Cette énergie révélée est disponible pour agir face aux défis manifestés par ce drame : les mises à l’écart des quartiers, les exclusions de nombreux jeunes issus de l’immigration tentés par la radicalisation, la perte du lien social entre voisins, entre générations.

L’action qui doit nous préoccuper plus que jamais est le service du frère, cette réalité quotidienne vécue par de nombreux Vincentiens dans la discrétion et l’engagement du cœur. Les événements de ce début d’année sont comme un appel à revisiter ce service à la lumière de la FRATERNITÉ.

Ce mot, cher aux croyants sincères, est aussi dans notre pays un des termes de la devise républicaine. Mais, au fil des ans, il s’est comme affadi à côté des deux autres si souvent mis en avant : liberté et égalité. La fraternité manque à notre pays ! C’est cette mission de fraternité que Frédéric Ozanam assigne aux bénévoles qu’il mobilise dans la Société de Saint-Vincent-de-Paul et que le pape François nous invite à mettre en œuvre aux périphéries de l’Église."

Bertrand Ousset, président de la Société de Saint-Vincent-de-Paul France

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