Le 23 avril 2013, nous célèbrerons les 200 ans de la naissance de Frédéric Ozanam. Français né à Milan, Ozanam contribua au renouveau de la doctrine sociale chrétienne. Résolument ouvert à l’humanisme et à l’universel, il s’attacha à la réconciliation de la foi et de la science. Il est célébré cette année à travers le monde et spécialement en France, pays où il a vécu et à Paris, où il a cofondé la Société de Saint-Vincent-de-Paul en 1833.

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Né à Milan le 23 avril 1813, mort à Marseille le 8 septembre 1853, Ozanam contribua au renouveau de la doctrine sociale chrétienne. Résolument ouvert à l’humanisme et à l’universel, il s’attacha à la réconciliation de la foi et de la science. « Nous n’avons pas deux vies, l’une pour chercher la vérité, l’autre pour la pratiquer » disait celui dont la pensée, les écrits et l’enseignement à la Sorbonne furent imprégnés de cette passion.

Sa vision sociale

Cofondateur de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, en 1833, il conçut celle-ci comme un réseau mondial de charité, inséparable de l’idéal de justice. La SSVP regroupe aujourd’hui quelque 800 000 membres dans 148 pays des 5 continents. Le rêve est devenu réalité !

Son souci de solidarité fraternelle a conditionné son engagement politique, reconnaissant dans les valeurs républicaines celles du christianisme. Il vit dans la révolution de 1848 « un progrès qu’il faut soutenir ». Il se présenta aux élections à l’Assemblée Nationale Constituante et dans son adresse aux électeurs du département du Rhône, il proclame la souveraineté du peuple, le respect de toutes les libertés, l’égalité, la justice et la prévoyance pour tous, l’impôt progressif, la dignité du travail. « L’Ere Nouvelle », journal qu’il lança notamment avec les Pères Lacordaire et Marret, lui offrit une tribune pour défendre ses idées, dans le plus grand respect de l’autre : « Apprenons à défendre nos convictions sans haïr nos adversaires [ …] Dans ces temps de désunion, on est trop heureux de tout ce qui peut unir. »

Pressentant l’aggravation du clivage social, il pose prophétiquement la question « de savoir qui l’emportera de l’esprit d’égoïsme ou de l’esprit de sacrifice, si la société ne sera qu’une grande exploitation au profit des plus forts ou une consécration de chacun pour le bien de tous et surtout pour la protection des faibles. »

Ayant élargi précocement son horizon au-delà de l’hexagone, il dénonça à 16 ans, la « barbarie » et la « honte » de l’esclavage une vingtaine d’années avant son abolition, à l’initiative de Victor Schoelcher, député de la Martinique.

Sa notoriété

Béatifié par le Pape Jean-Paul II, à Notre Dame de Paris, le 22 août 1997, dans le cadre des Journées Mondiales de la Jeunesse, Ozanam a connu un étonnant regain de notoriété. Cette évocation de Lionel Jospin, alors Premier Ministre, en témoigne :
« Le créateur de la Société de Saint-Vincent-de-Paul a contribué efficacement à la réconciliation de l'Église et de la République. Il a ainsi favorisé l’émergence d’une conception française de la laïcité, respectueuse de la liberté religieuse, expression de la liberté de conscience. Cet homme de foi, lucide et passionné, ne pouvait rester insensible à la misère et à l’injustice sociale. »

On pourrait ajouter que l’intelligence du cœur, qui a marqué sa pensée comme son action, continue à procurer à notre humanité ce « supplément d’âme » (Henri Bergson) dont elle a une telle soif.


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