Jésus et ses disciples reviennent à Jérusalem. Et comme Jésus allait et venait dans le Temple, les chefs des prêtres, les scribes et les anciens vinrent le trouver. Ils lui demandaient : « Par quelle autorité fais-tu cela ? Ou bien qui t'a donné autorité pour le faire ? »
Jésus leur dit : « Je vais vous poser une seule question. Répondez-moi, et je vous dirai par quelle autorité je fais cela. Le baptême de Jean venait-il du ciel ou des hommes ? Répondez-moi. » Ils faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : « Si nous disons : 'Du ciel', il va dire : 'Pourquoi donc n'avez-vous pas cru à sa parole ?' Mais allons-nous dire : 'Des hommes' ? » Ils redoutaient la foule, car tout le monde estimait que Jean était réellement un prophète. Ils répondent donc à Jésus : « Nous ne savons pas ! » Alors Jésus leur dit : « Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais cela. »

Mc 11,27-33

 

"Moi non plus, je ne vous dirai pas …"

Replaçons d'abord cette controverse dans les dernières semaines de Jésus, avant de nous interroger sur la pensée du Maître.

L'Évangile nous rapporte ici la première des quatre discussions qui ont opposé Jésus et ses ennemis dans l'enceinte du temple. Toutes les composantes du Sanhédrin se sont liguées contre Jésus : les ex-grands-prêtres, les Sadducéens et les Scribes, tous ces hommes que l'on retrouvera bientôt lors du procès de Jésus (Mc 14,43.53), et l'on sent que c'est une délégation de ce Grand conseil qui s'en prend à Jésus.

Il leur répond d'abord à tous ensemble, à propos du baptême de Jean (11,27-33) et il les vise tous avec la parabole des vignerons homicides (12.1-12). Alors ses ennemis se retirent et se dispersent, mais c'est pour l'attaquer successivement par trois groupes :

- le groupe des Pharisiens et des Hérodiens, au sujet du tribut à César (12,13-17),
- le groupe des Sadducéens (c'est l'épisode grotesque de la femme aux sept maris (12,18-27),
- et enfin le groupe des Scribes, les spécialistes de la Loi (à propos du premier de tous les commandements (12,28,34).

Cette rencontre marquera la fin des controverses : "Nul n'osait plus l'interroger" (12,34)

Mais venons-en maintenant au dialogue lui-même.

Les ennemis de Jésus posent la bonne question : "Par quelle autorité fait-il tout cela ?", le pardon des péchés, la guérison des malades, le grand coup de balai dans le Temple, et tous les miracles.

Cette question, Jésus voudrait qu'ils se la posent à eux-mêmes, à partir de ce qu'ils voient, et qu'ils y répondent librement par un acte de foi, en Dieu et en son Envoyé. Au lieu de cela, ils interrogent Jésus, et sont résolus d'avance à contester sa réponse.

Dieu pourtant a commencé de leur ouvrir les yeux avec Jean-Baptiste : seul Dieu et un homme de Dieu peuvent susciter la conversion dans le cœur d'un homme. Puis Dieu a donné sa réponse totale et définitive à travers les paroles et les œuvres de Jésus, l'Homme-Dieu.

Mais eux n'ont rien vu et rien voulu voir. Ils ont refusé le Prophète ; à plus forte raison vont-ils récuser l'Homme-Dieu !
D'où le verdict sévère qu'ils s'attirent, quand Jésus leur répond : "Moi non plus je ne vous dis pas."

En effet, ce n'est pas la peine de leur révéler une fois de plus ce qu'ils n'ont jamais voulu reconnaître.

Ce n'est pas ainsi, frères et sœurs, qu'il nous faut aborder la Révélation et Celui qui nous l'apporte. Nous avons, nous aussi, à nous laisser guider par les paroles et les actes de Jésus, à discerner en Lui l'autorité du Père et son projet d'amour, à reconnaître en Lui l'Envoyé, à répondre par la foi à la question posée par Lui. Il n'est pas besoin qu'on L'interroge, quand on s'est soi-même interrogé.

Père Jean

 

Et pour aller plus loin avec Benoit XVI, lors de la catéchèse du mercredi 30 mai 2012

Tag(s) : #Spiritualité

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