Pour Dieu, tout être humain est sacré. Le Christ a ouvert les bras sur la croix pour rassembler toute l’humanité en Dieu. S’il nous envoie transmettre l’amour de Dieu jusqu’aux extrémités de la terre, c’est d’abord par un dialogue de vie. Il ne nous place jamais au niveau d’un rapport de force avec ceux qui ne le connaissent pas.

Tant de jeunes à travers le monde sont prêts à rendre plus visible l’unité de la famille humaine. Ils se laissent travailler par une question : comment résister aux violences, aux discriminations, comment dépasser des murs de haine ou d’indifférence ? Ces murs existent entre les peuples, les continents, mais aussi tout près de chacun de nous et jusqu’à l’intérieur du cœur humain. À nous alors de faire un choix : choisir d’aimer, choisir l’espérance.

Les immenses problèmes de nos sociétés peuvent alimenter un défaitisme. En choisissant d’aimer nous découvrons un espace de liberté pour créer un avenir pour nous-mêmes et pour ceux qui nous sont confiés.

Avec peu de moyens, Dieu nous rend créateurs avec lui, même là où les circonstances ne sont pas favorables. Aller vers l’autre, parfois les mains vides, écouter, essayer de comprendre ; et déjà une situation bloquée peut se transformer.

Dieu nous attend chez ceux qui sont plus pauvres que nous. « Ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous l’avez fait. »

Au Nord comme au Sud, d’immenses inégalités entretiennent une peur de l’avenir. Certains, avec courage, consacrent leurs énergies à modifier des structures d’injustice.

Tous, laissons-nous interroger sur notre mode de vie. Simplifions notre existence. Et nous trouverons une disponibilité et une ouverture du cœur pour les autres.

Aujourd’hui il existe de multiples initiatives de partage accessibles à chacun. Un commerce inventif et plus équitable ou le micro-crédit ont démontré que croissance économique et soli-darité avec les plus pauvres pouvaient aller de pair. Il en est qui sont attentifs à ce qu’une par-tie de leur argent contribue à rétablir une plus grande justice.

Pour que nos sociétés prennent un visage plus humain, donner notre temps est précieux. Chacun peut chercher à écouter et à soutenir ne serait-ce qu’une seule personne : un enfant délaissé, un jeune sans travail ni espoir, quelqu’un qui est démuni, une personne âgée.

Choisir d’aimer, choisir l’espérance. En persévérant sur ce chemin, nous découvrons avec étonnement que, avant toute démarche de notre part, Dieu nous a choisis, chacune, chacun de nous : « Ne crains pas, je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi. Je suis ton Dieu, tu comptes beaucoup à mes yeux et je t’aime. »

Dans la prière, nous nous mettons, nous et ceux qui nous sont confiés, sous le regard bienveillant de Dieu. Il nous accueille tels que nous sommes, avec ce qui est bon, mais aussi avec nos contradictions intérieures, et même nos fautes. L’Évangile nous l’assure : nos fragilités peuvent devenir une porte par laquelle l’Esprit Saint entre dans notre vie......

 

Frère Roger de Taizé

Tag(s) : #Spiritualité

Partager cet article

Repost 0