«  La question qui divise les hommes de nos jours n’est plus une question de formes politiques, c’est une question sociale, c’est de savoir qui l’emportera, de l’esprit d’égoïsme ou de l’esprit de sacrifice ; si la société n’est qu’une grande exploitation au profit des plus forts ou une consécration de chacun pour le bien de tous et surtout pour la protection des faibles. Il y a beaucoup d’hommes qui ont trop et qui veulent avoir encore ; il y a beaucoup plus d’autres qui n’ont pas assez, qui n’ont rien et qui veulent prendre si on ne leur donne pas. Entre ces deux classes d’hommes, une lutte se prépare, et cette lutte menace d’être terrible : d’un côté la puissance de l’or, de l’autre la puissance du désespoir. Entre ces armées ennemies, il faudrait nous précipiter, sinon pour empêcher, au moins pour amortir le choc. Et notre âge de jeunes gens, notre condition médiocre nous rendent plus facile ce rôle de médiateurs que notre titre de chrétien nous rend obligatoire. Voilà l’utilité possible de notre Société de Saint-Vincent-de-Paul »

 

Frédéric Ozanam
13 novembre 1836

 

Les catholiques n’ont pas le choix : ils doivent s’engager !

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