
Voici le message de carême de notre pape BENOIT XVI
Faisons attention les uns aux autres pour nous stimuler dans la charité et les oeuvres bonnes (He 10, 24)
Frères et soeurs,
Le Carême nous offre encore une fois l'opportunité de réfléchir sur ce qui est au coeur de la vie chrétienne : la charité.... Lire la suite ici
Henri Bergson disait : “L’état suprême de la beauté est la grâce, or dans le mot grâce, on entend la bonté, car la bonté est
la générosité d’un principe de vie, qui se donne indéfiniment. Donc à travers le mot grâce, beauté et bonté ne font qu’un.”
Miraculeusement, “grâce” en français veut dire à la fois beauté et bonté, qui viennent tous deux du latin, bellus et bonus, lesquels viennent d’un seul mot indo-européen : dewnos.
En chinois, nous avons l’idéogramme hao, composé de deux éléments, la femme et l’enfant, qui, ensemble, signifient à la fois beauté et bonté. Quoi de plus beau et de meilleur que la relation de
la mère à l’enfant ?
Et en ces temps de "Tohu-Bohu", je vous propose 3 extraits de la doctrine sociale de l'Eglise
La vie en société basée sur l'amitié civile :
La signification profonde de la communauté, civile et politique, ne ressort pas immédiatement de la liste des droits et
des devoirs de la personne. Cette vie en société acquiert toute sa signification si elle est basée sur l'amitié civile et sur la fraternité.
Le domaine du droit, en effet, est celui de l'intérêt à sauvegarder, du respect extérieur, de la protection des biens matériels et de leur répartition selon des règles établies; en revanche, le
domaine de l'amitié est celui du désintéressement, du détachement des biens matériels, de leur don, de la disponibilité intérieure aux exigences de l'autre. Ainsi conçue, l'amitié
civile est la mise en œuvre la plus authentique du principe de fraternité, qui est inséparable de celui de liberté et d'égalité.Il s'agit d'un principe demeuré en grande partie lettre
morte dans les sociétés politiques modernes et contemporaines, surtout à cause de l'influence exercée par les idéologies individualistes et collectivistes.
Une communauté est solidement fondée lorsqu'elle tend à la promotion intégrale de la personne et du bien commun; dans ce
cas, le droit est défini, respecté et vécu aussi selon les modalités de la solidarité et du dévouement au prochain.
La justice exige que chacun puisse jouir de ses biens et de ses droits et elle peut être considérée comme la mesure minimum de l'amour. La vie en société devient d'autant plus humaine qu'elle est
caractérisée par l'effort pour parvenir à une conscience plus mûre de l'idéal vers lequel elle doit tendre, qui est la « civilisation de l'amour ».
L'homme est une personne, pas seulement un individu. Par le terme « personne » on désigne « une nature douée
d'intelligence et de volonté libre » : c'est donc une réalité bien supérieure à celle d'un sujet qui s'exprime à travers les besoins produits par la simple dimension matérielle.
De fait,
bien que participant activement à l'œuvre tendant à satisfaire ses besoins au sein de la société familiale, civile et politique, la personne humaine ne trouve pas sa réalisation complète tant
qu'elle ne dépasse pas la logique du besoin pour se projeter dans celle de la gratuité et du don, qui répond plus entièrement à son essence et à sa vocation communautaire.
Le précepte évangélique de la charité éclaire les chrétiens sur la signification la plus profonde de la communauté
politique.
Pour la rendre vraiment humaine, « rien n'est plus important que de développer le sens intérieur de la justice, de la bonté, le dévouement au bien commun, et de renforcer les convictions
fondamentales sur la nature véritable de la communauté politique, comme sur la fin, le bon exercice et les limites de l'autorité publique ». L'objectif que les croyants doivent se fixer est
l'instauration de rapports communautaires entre les personnes. La vision chrétienne de la société politique confère le plus grand relief à la valeur de la communauté, aussi bien
comme modèle d'organisation de la vie en commun que comme style de vie quotidienne.
Profitons de la semaine sainte pour réfléchir sur le lien qui existe entre mes pauvretés personnelles et mes difficultés à entrer en relation avec les pauvres.
Les pauvres me font ils peur ?
Pour entrer en relation vraie avec eux je dois prendre conscience des pauvretés et des limites qu'ils révèlent en moi.
Le Christ nous montre le chemin pendant cette semaine :
Par l’Incarnation en effet, Dieu s’est fait homme, mais homme le plus pauvre possible : prisonnier, torturé, affamé et assoiffé. Celui qui est le Tout-Puissant nous a donné la possibilité de comprendre ce qu’est Son amour envers chaque homme, en se faisant le moins puissant de tous. Ainsi chacun de nous, en éprouvant de la miséricorde pour un plus pauvre que lui, peut éprouver un peu de ce que signifie l’amour de Dieu dont l’expression humaine la plus visible a été l’amour du Père pour le Fils, au moment où le Fils s’est complètement donné sur la Croix. Comme le dit saint Vincent de Paul « les pauvres sont nos maîtres », les pauvres nous enseignent à être véritablement homme à la ressemblance de Dieu.
C’est ainsi que l’on dit couramment que l’on trouve Jésus dans chaque pauvre ; non pas parce que Jésus habite le pauvre ou aime la pauvreté ou se satisfait de la pauvreté, mais parce que l’amour pour le pauvre reproduit, à notre humble échelle, l’immense amour de Dieu pour tous les hommes manifesté dans l’amour du Père pour cet homme particulier : Jésus en croix. C’est ce que dit explicitement l’évangile de Matthieu 25, 31-46 :
« Amen, je vous le dis, dans la mesure où vous avez fait cela pour l’un de ces plus petits, l’un de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »
MESSAGE DE SA SAINTETÉ
BENOÎT XVI
POUR LA CÉLÉBRATION DE LA
JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX
1er JANVIER 2011
LIBERTÉ RELIGIEUSE, CHEMIN VERS LA PAIX
Un extrait pour 2011
Le dialogue comme recherche en commun
11. Pour l’Eglise, le dialogue entre les fidèles des diverses religions représente un instrument important pour collaborer au bien commun avec toutes les communautés religieuses. L’Eglise elle-même ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans les diverses religions. « Elle considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu’elles diffèrent en beaucoup de points de ce qu’elle-même tient et propose, cependant apportent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes »[13].
Le chemin ainsi indiqué n’est pas celui du relativisme ou du syncrétisme religieux. L’Eglise en effet « annonce, et elle est tenue d’annoncer sans cesse, le Christ qui est "la voie, la vérité et la vie" (Jn 14,6), dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse et dans lequel Dieu s’est réconcilié toutes choses »[14]. Cela n’exclut pas cependant le dialogue et la recherche commune de la vérité dans divers milieux vitaux, car, selon une expression souvent utilisée par saint Thomas d’Aquin, « toute vérité, qui que ce soit qui la dise, vient de l’Esprit Saint »[15].
En 2011 sera fêté le 25e anniversaire de la Journée mondiale de prière pour la paix, convoquée en 1986 à Assise par le vénérable Jean-Paul II. A cette occasion, les responsables des grandes religions du monde ont manifesté combien la religion est un facteur d’union et de paix et non de division et de conflits. Le souvenir de cette expérience est un motif d’espérance en un avenir où tous les croyants se sentent et deviennent effectivement artisans de justice et de paix.
Au Vatican, le 8 décembre 2010.
BENEDICTUS PP XVI
"Aider tous les hommes à s'avancer grâce à lui vers Dieu" Laborem exercens
Une des expressions quotidiennes de cet amour dans la vie de la Famille de Nazareth est le travail. Le texte évangélique précise par quel type de travail Joseph essayait d'assurer la subsistance de sa Famille: celui de charpentier. Ce simple mot recouvre toute l'étendue de la vie de Joseph. Pour Jésus, ce sont là les années de la vie cachée dont parle l'évangéliste après l'épisode du Temple: « Il redescendit alors avec eux et revint à Nazareth; et i1 leur était soumis. » (Lc 2, 51.) Cette « soumission », c'est-à-dire l'obéissance de Jésus dans la maison de Nazareth, est aussi comprise comme une participation au travail de Joseph. Celui qui était appelé le « fils du charpentier » avait appris le travail de son « père » putatif. Si, dans l'ordre du salut et de la sainteté, la Famille de Nazareth est un exemple et un modèle pour les familles humaines, on peut en dire autant, par analogie, du travail de Jésus aux côtés de Joseph le charpentier. A notre époque 1'Eglise a mis cela en relief, entre autres, par la mémoire liturgique de saint Joseph Artisan, fixée au 1er mai. Le travail humain, en particulier le travail manuel, prend un accent spécial dans 1'Evangile. Il est entré dans le mystère de l'Incarnation en même temps que l'humanité du Fils de Dieu, de même aussi qu'il a été racheté d'une manière particulière. Grâce à son atelier ou il exerçait son métier et même temps que Jésus, Joseph rendit le travail humain proche du mystère de la Rédemption. Dans la croissance humaine de Jésus « en sagesse, en taille et en grâce », une vertu eut une part importante: la conscience professionnelle, le travail étant « un bien de l'homme » qui « transforme la nature » et rend l'homme « en un certain sens plus homme ». L'importance du travail dans la vie de l'homme demande qu'on en connaisse et qu'on en assimile les éléments afin « d'aider tous les hommes à s'avancer grâce à lui vers Dieu, Créateur et Rédempteur, à participer à son plan de salut sur l'homme et le monde, et à approfondir dans leur vie l'amitié avec le Christ, en participant par la foi de manière vivante à sa triple mission de prêtre, de prophète et de roi ». Il s'agit en définitive de la sanctification de la vie quotidienne, à laquelle chacun doit s'efforcer en fonction de son état et qui peut être proposée selon un modèle accessible à tous: « Saint Joseph est le modèle des humbles, que le christianisme élève vers de grands destins; il est la preuve que, pour être de bons et authentiques disciples du Christ, i1 n'y a pas besoin de «grandes choses»: il faut seulement des vertus communes, humaines, simples, mais vraies et authentiques ».
Pour cela me rend il heureux ?
Message du pape à la plénière du Conseil pontifical justice et paix
Les fidèles laïcs ont le « devoir de travailler à un ordre social juste » et leur formation à la doctrine sociale de l'Eglise est « urgente », a affirmé Benoît XVI dans un message envoyé au président du Conseil pontifical justice et paix, le cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, à l'occasion de l'assemblée plénière de ce dicastère.
Il est nécessaire que des prêtres et des évêques soutiennent ces fidèles laïcs, souligne aussi le pape qui invite ces derniers à ne pas déserter des domaines « complexes », comme le monde de la politique.
« Nous avons besoin de l'enseignement social pour aider nos civilisations et notre raison humaine à recueillir toute la complexité du réel et la grandeur de la dignité de toute personne », a affirmé le pape en rappelant que l'annonce de Jésus Christ est « le premier et principal facteur de développement ».
Evoquant le prochain anniversaire de l'encyclique Mater et magistra (1961) du bienheureux Jean XXIII, le pape a invité à « considérer avec une attention constante les déséquilibres sociaux, par secteurs, nationaux ». Les déséquilibres entre « ressources et populations pauvres, entre technique et éthique ».
« Dans le contexte actuel de mondialisation, ces déséquilibres n'ont pas disparu », a-t-il ajouté. « Les sujets, les dimensions des problématiques ont changé, mais la coordination entre les Etats - souvent inadaptée, parce qu'orientée vers la recherche d'un équilibre de pouvoir plutôt que vers la solidarité - laisse place à des inégalités renouvelées, au danger de la suprématie de groupes économiques et financiers qui dictent - et entendent continuer à le faire - l'agenda de la politique, au détriment du bien commun universel ».
« Par rapport à une question sociale toujours plus interconnectée dans ses divers domaines, l'engagement dans la formation d'un laïcat catholique à la doctrine sociale de l'Eglise semble particulièrement urgent », a insisté Benoît XVI dans son message. « C'est le devoir des fidèles laïcs de travailler pour un ordre social juste ».
En tant que « citoyens libres et responsables, ils doivent s'engager à promouvoir une configuration droite de la vie sociale, dans le respect de l'autonomie légitime des réalités terrestres », a-t-il ajouté.
Le pape a aussi souhaité que ces fidèles laïcs puissent « trouver à leur côté des prêtres et des évêques capables d'offrir une œuvre infatigable de purification des consciences, ainsi qu'un soutien indispensable et une aide spirituelle pour un témoignage laïc cohérent dans le domaine social ».
« La compréhension profonde de la doctrine sociale de l'Eglise est d'une importance fondamentale, en harmonie avec tout son patrimoine théologique et fortement enracinée dans l'affirmation de la dignité transcendante de l'homme, dans la défense de la vie humaine de sa conception jusqu'à sa mort naturelle et de la liberté religieuse », a-t-il ajouté.
Benoît XVI a enfin souligné la nécessité de « préparer les fidèles laïcs » à « se consacrer au bien commun, particulièrement dans les domaines les plus complexes comme le monde de la politique ».
« Afin de mondialiser la doctrine sociale de l'Eglise, il semble opportun d'ériger des centres et des instituts pour l'étude, la diffusion, l'actualisation » de la doctrine sociale « dans le monde entier », a-t-il conclu.
ROME, Vendredi 5 novembre 2010 (ZENIT.org)
Pourquoi aimer le pauvre ?
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